installation vidéo – performance – sons – sculpture – édition
Case 1 – Camp de la transportation
Centre de l’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Saint Laurent du Maroni- 2020
Durant plusieurs semaines, je suis restée au bord du fleuve. J’ai d’abord attendu un moment, environ deux semaines. On m’a présenté Kiki, médiateur au village chinois. On a bien discuté et ça a matché. Il m’a dit: « On est là, si tu as envie de venir, passer du temps avec nous, c’est toi qui vois, tu es la bienvenue ».
Me voila embarquée, je suis sur le bord de l’eau, j’ai prit place dans un nouveau monde, dans un nouvel environnement, une nouvelle « famille », comme tous me le disent ici.
Je reste là, je dessine, j’écris, je parle et je fais des rencontres. Ils me parlent d’eux, je leur parle de mon projet, je les écoute. Parfois on ne parle pas, on reste là, on écoute de la musique, on boit ensemble. Je passes du temps avec eux. Je me sens bien là, avec toutes ces personnes. Ils me disent tous « tu vas pas à Albina? Viens je t’emmène, je vais te montrer des trucs! ».
Et un jour, ça me prend, je monte dans la pirogue avec Olivier et Pierre. J’ai une vague d’excitation qui me prend. Ça y est, je suis sur l’eau, dans la pirogue avec eux. Pendant dix jours je fais que ça. Je pars du village chinois, je fais la traversé, mais je ne descend pas. Je reste dedans, je regarde autour de moi.
Le temps passe, les idées arrivent et je décide d’aller à Albina.
Je suis assise sur le mur, au dessus de la berge, puis j’y retourne pour chercher ce dont j’ai besoin. Y aller n’est pas un loisir, c’est une nécessité.
Fabriquer la rencontre et créer des relations, c’est travailler ensemble pour concevoir ce moment.



dessins de recherche







photographies de restitution par François